Le noeud musculaire

Qu’est ce que c’est?

C’est probablement l’une des questions les plus fréquentes. Vous l’avez probablement vous-même vécu : cet instant où le thérapeute tombe sur un point musculaire douloureux, noduleux et plus dur. Ensemble, nous percerons le mystère de ces bosses désagréables une bonne fois pour toute! Nerf, os, tendon: des mots régulièrement utilisés pour décrire la «chose» qui dérange notre confort.  Mais qu’est-ce qu’un nœud musculaire en réalité? Pourquoi apparaissent-ils? Que devons-nous en faire?

Un brin d’anatomie

Ces renflements dans nos muscles sont en fait une combinaison d’éléments :

  1. Des fibres musculaires qui sont davantage contractées. Les fibres se raccourcissent et, ce faisant, deviennent plus compactes et plus dures.
  2. Une accumulation de sang et de lymphe locale. La circulation sanguine et lymphatique est habituellement favorisée par l’alternance contraction/relâchement des fibres musculaires. Les fibres musculaires tendues nuisent à la bonne circulation des fluides.
    D’ailleurs, lorsque l’on masse un muscle tendu, nous voyons souvent la peau devenir rouge. Ceci pourrait être dû à la libération de cette accumulation sanguine et lymphatique locale.
  3. Des fibres de collagènes. Une tension locale persistante déclenche des réactions de protection du corps. Ceci se traduit par la création de fibres de collagène (tissus conjonctif) parmi les fibres musculaires. Le muscle répond ainsi aux importantes forces exercées sur lui pour se défendre et pour résister au stress.
    Ce sont habituellement ces fibres qui rendent difficile de se débarrasser des nœuds. De plus, l’accumulation de ce type de fibre dans un muscle réduirait progressivement la qualité musculaire et sa capacité de se contracter adéquatement.
  4. Des fibres nerveuses. Il n’est pas rare que les nœuds musculaires se forment à un endroit davantage innervé. Ceci expliquerait en partie la sensibilité ressentie à la palpation.

Il est à retenir qu’un nœud musculaire peut être à un stade d’installation plus ou moins avancé. Dans les cas moins enviables, on constate un nœud musculaire douloureux sans même que nous ayons à y touche. Il peut parfois y avoir des irradiations de douleur vers un segment voisin du corps. Par exemple, le trapèze supérieur peut irradier vers le cou ou vers l’épaule.

Qu’est ce qui les provoquent?

Toute surcharge de travail ou tout stress qui dépasse la capacité d’adaptation d’un muscle. Par exemple :

  • Une posture prolongée ou répétitive (travail de bureau)
  • Un geste répétitif, léger ou fort (utiliser une souris, soulever un poids)
  • Des coups ou des impacts au niveau du muscle (coups de poings, accidents, chutes, etc.) 
  • Des facteurs biopsychosociaux. (stress, émotions négatives, etc.) À ne pas sous-estimer. Nous en constatons souvent les effets au niveau du cou et de la région lombaire.  

Quoi faire?

Tout d’abord, il est important de spécifier qu’ils sont gênants, mais ils ne sont pas dangereux. C’est une réaction naturelle du corps à un stress mécanique ou émotionnel.
La très grande majorité des gens en ont. Les nœuds sont rapidement repérables à la palpation dans certaines zones stratégiques (exemple : entre les omoplates).
Or, il faut s’attarder à ces nœuds s’ils vous dérangent. On peut aussi faire de la prévention pour éviter leur évolution. Comment? 

  1. Cibler la cause: (vous pouvez vous référer aux points déclencheurs ci-haut)
    • Quelle posture adoptez-vous le plus souvent? Avez-vous de bonnes habitudes? 
    • Quelles tâches sont répétitives? Même celles qui semblent anodines comptent.  
    • Si la douleur est récente, y’a-t-il eu du nouveau dans votre vie dernièrement? 
    • Est-ce une période avec davantage de stress? Est-ce que vous vous sentez dépassé ou en colère?
  2. Des exercices ciblés.
    En étirant puis en renforçant la zone, vous pouvez regagner du contrôle sur ces inconforts. Un professionnel en physiothérapie pourra vous donner les bons exercices d’étirements et de renforcement spécifiques pour diminuer votre inconfort et diminuer les chances de récidives.
    Des cours tel que le «stretching» ont aussi fait leurs preuves pour soulager des tensions musculaires par le biais d’étirement.    
  3. La massothérapie.
    Avec des bonnes techniques et une main attentive, la massothérapie soulage les tensions musculaires. Plusieurs approches sont intéressantes : 

    • Auto-massage : une pression continue de 60 secondes sur le point rebelle à l’aide des doigts ou d’une balle. Vous pouvez le faire plusieurs fois par jour.   
    • Voir un massothérapeute : n’ayez pas peur de préciser votre inconfort pour bien diriger le massothérapeute vers la bonne approche. Vous devriez voir une amélioration dans les premiers traitements.

N.B : La massothérapie aide à détendre la musculature, mais ne corrige habituellement pas la cause du problème. Elle ne prévient pas les récidives, d’où l’importance des exercices et de l’analyse des déclencheurs mentionnés ci-haut.

  1. Repos, relaxation, gestion du stress, lâcher prise. Il est plus facile d’en parler que de le faire. C’est pourtant un point central qu’on ne doit pas négliger. En clinique, nous observons une grande variation des postures et des douleurs selon l’état émotionnel des clients.
       

D’autres trucs peuvent être complémentaires dans votre quête de soulagement : 

  • L’application de chaleur locale (de 15 à 20 minutes pour une bonne pénétration de chaleur). 
  • Les crèmes, gels et huiles antalgique : on en profite pour masser l’endroit.

Déjà la conclusion!

En conclusion, si votre « système d’alarme » est allumé et qu’une douleur musculaire persiste, utilisez ces signes pour mieux vous traiter. Une douleur de longue date est plus difficile à éradiquer et consomme votre précieuse énergie. Les solutions sont souvent simples et efficaces. N’hésitez pas à en parler à votre professionnel de la santé. 

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