Avez-vous déjà entendu parler de la fasciite plantaire ou de l’aponévrosite plantaire? Possiblement, puisque nous estimons que 10 à 15% de la population en général aura au moins un épisode de cette atteinte au cours de sa vie. Les femmes (légèrement plus que les hommes) et les athlètes (surtout les joggeurs et les danseurs) sont plus à risque. Chez les joggeurs, la fasciite plantaire compterait pour environ 8 à 10% des blessures.

Or, puisque c’est une cause relativement fréquente de consultation en clinique, il est primordial de faire une prévention efficace.

D’abord, un brin d’anatomie pour mieux comprendre :

 


Le fascia plantaire est un tissu fibreux épais et très résistant qui tapisse la plante de vos pieds, du talon aux orteils. Il joue un rôle essentiel dans le support du pied, dans la propulsion et dans l’absorption des forces lorsque nous marchons, transportons des charges, courons, sautons, etc. Le fascia plantaire ressemble à la corde d’un arc sur laquelle nous exerçons une pression lorsque nous marchons : il se fléchit et s’étend à chacun de nos pas.

De plus, le fascia plantaire est le coéquipier du tendon d’Achille et des muscles du mollet, avec qui il travaille en synergie.

 

Qu’est-ce que la fasciite plantaire ? 


Depuis des années, nous expliquons la fasciite plantaire comme une inflammation du fascia plantaire. Par contre, selon de récentes études, il s’agirait plutôt d’une dégénérescence du fascia plantaire.

En effet, lorsque nous observons le fascia d’une personne ayant une fasciite plantaire, nous pouvons y observer une désorganisation et un épaississement des fibres. Cela pourrait nous indiquer que la fasciite plantaire est le résultat d’un long processus, de facteurs qui s’additionneraient au fil du temps et qui provoqueraient une usure prématurée du fascia. Ce dernier présenterait alors une diminution d’efficacité plus ou moins importante, selon la gravité de l’atteinte.

Donc, bien que la fasciite puisse apparaître suite à une activité particulièrement intense, une évolution graduelle de la condition est plus fréquente.

Un traitement adéquat de la fasciite plantaire passera alors par la prévention et la correction des causes initiales et des facteurs de risques.
Les principales causes et facteurs de risque de la fasciite plantaire sont :

  • Un dépassement de la capacité d’endurance du fascia plantaire par des activités prolongées impliquant d’être debout (sans ou avec des impacts au sol par les pieds) ou des soulèvements de charges. Exemples: joggeur, caissier, déménageur, facteur, haltérophile…
  • Une diminution de la longueur du tendon d’Achille.
  • Une dysfonction de la mobilité des articulations de la cheville et du pied.
  • Une diminution de la flexion dorsale de la cheville (mouvement qui amène les orteils vers vous).
  • Une faiblesse des muscles intrinsèques du pied et des muscles fléchisseurs plantaires.
  • Un IMC (indice de masse corporelle) élevé ou un déconditionnement à l’activité physique.
  • Souliers inadéquats ou qui empêchent le mouvement normal de la cheville lors de la marche. Exemple: bottes de travail rigides.
  • Le diabète.
  • Les maladies inflammatoiress comme la polyarthrite rhumatoïde.
  • Les femmes seraient atteintes plus que les hommes.

 

Signes et Symptômes habituels :

  • Douleur au talon, à la la jonction du fascia plantaire ou à la plante du pied (portion moyenne).
  • Douleur au talon avec les premiers pas du matin ou après de longues périodes sans s’être levé.
  • Mouvement limité de la cheville lorsque vous tentez de tirer les orteils vers vous.
  • Tension au niveau du tendon d’Achille ou du mollet.
  • Boiterie : certaines personnes auront tendance à marcher sur le bout des pieds.
  • Douleur habituellement pire pieds nus, sur des surfaces dures ou lors de la montée d’un escalier.
  • Beaucoup de patients ont eu une augmentation soudaine ou un changement de leur niveau d’activité physique avant l’apparition des symptômes.

 

Quoi faire pour éviter une fasciite plantaire?

  • PROGRESSION, autant pour les gens qui sont actifs que pour ceux qui commencent l’entrainement. Il est important d’augmenter progressivement votre temps de course et d’entrainement. Si vous courez ou marchez, sachez que les changements de chaussures, de chaussées ou d’inclinaison doivent être faits très progressivement. Par exemple, pensez à diminuer l’intensité et le temps de l’activité si vous changez de type de terrain.
  • Nous vous recommandons de veiller à assouplir vos jambes avec un focus particulier sur les mollets et la partie arrière de vos cuisses.
  • CHANGEMENTS DE CHAUSSURES. Si vous avez de la douleur malgré un entrainement progressif et des étirements adéquats, investiguez vos chaussures. Sont-elles vieilles et usées? Doivent-elles être remplacées?

Attention : une fois les chaussures changées, nous vous conseillons de diminuer vos paramètres de course dans les premiers temps.  Ainsi, vos pieds pourrons s’adapter graduellement à votre nouvelle paire .

 

Traitements possibles :

Il est recommandé de consulter un spécialiste dès l’apparition des premiers symptômes de fasciite plantaire.

Physiothérapie : Avec une évaluation complète, votre thérapeute pourra cibler les choses à travailler pour diminuer les douleurs, réduire les facteurs de risques et ainsi prévenir l’aggravation ou le retour de la condition. Règle générale, de très bon résultats sont obtenus avec les traitements de physiothérapie.

Taping : Puisque le taping est un outil efficace, nous vous suggérons ce petit vidéo vous démontrant les étapes d’un taping efficace.

Orthèses, chaussures : Suite aux recommandations d’un professionnel de la santé, il est possible que les orthèses plantaires vous soient recommandées. Les orthèses ne sont pas toujours nécessaires, mais peuvent diminuer le stress mécanique absorbé par le fascia plantaire.

Médecine conventionnelle : Si vous avez une fasciite plantaire douloureuse persistante ou si elle vous empêche de fonctionner, votre médecin pourrait vous suggérer une infiltration ou la prise de médication.
Dans de rares exceptions, le médecin pourrait suggérer la chirurgie pour les fasciites récalcitrantes. Toutefois, à ce jour, les études mentionnent une efficacité très limitée de l’opération, si l’on compare aux fasciites non-opérées.

Le temps de guérison :

Puisque la fasciite plantaire est une condition qui se prépare sur une longue période, il serait faux de dire qu’il ne vous prendra que 2 ou 3 semaines pour guérir complètement.
De plus, le temps de guérison variera en fonction de la gravité de l’atteinte. Ainsi, le délai régulier de la guérison sera de quelques mois, en reprenant vos activités progressivement.