Le syndrome fémoro-patellaire

Cette douleur diffuse au genou

Le syndrome fémoro-patellaire (SFP) est très bien connu dans le monde médical. C’est une atteinte fréquente qui constituerait environ 40% des consultations médicales pour les douleurs aux genoux (Khajuria 2017).

L’étymologie du syndrome fémoro-patellaire :

féromo : se réfère au fémur, os de la cuisse
patellaire : qui se réfère à la rotule, petit os à l’avant du genou.

Le SFP se caractérise principalement par une douleur au niveau de l’avant du genou, à l’intérieur de l’articulation. Elle est très fréquente chez les jeunes gens en croissance, sportif ou non.
Le syndrome tend à s’estomper avec les années, lorsque l’adolescent(e) termine sa croissance. Toutefois, ce problème ne se limite pas aux adolescents. En effet, les adultes peuvent aussi développer un syndrome fémoro-patellaire, le plus souvent lié à l’activité sportive.

Bien que ce syndrome guérisse généralement bien, quelques facteurs peuvent supposer une atteinte qui durerait plus longtemps (Natri 1998):

  • Faiblesse du membre inférieur atteint;
  • Présence de crépitements au niveau du genou;
  • Symptômes présents au niveau des 2 genoux;
  • Surplus de poids;
  • Âge plus avancé.

La cause :


De multiples causes ont été avancées pour expliquer ces douleurs articulaires. La mode a longtemps été aux explications d’ordre mécanique : désalignement des jambes, usure du cartilage rotulien, postures inadéquates, rotule hyper-mobile, pieds plats, etc. Les professionnels de la santé établissaient, et établissent encore souvent, des plans de traitement pour corriger ces « problèmes mécaniques ».

Les récentes études démontrent aujourd’hui que les facteurs mécaniques ne seraient pas les facteurs les plus importants à considérer pour la prise en charge du syndrome fémoro-patellaire. Ainsi, l’observation de quelques conseils simples serait efficace pour traiter le syndrome fémoro-patellaire. Un physiothérapeute pourra certainement vous guider. D’ailleurs, plusieurs  recherches démontrent l’efficacité de la physiothérapie pour soulager les douleurs du SFP. D’ailleurs, elle favorise grandement le retour aux activités quotidiennes et sportives (Van Linschoten 2009, Harvie 2011).

Traitement :

Le retour aux activités suite au syndrome fémoro-patellaire devra se faire progressivement. Nous avons proposer un traitement en 5 phases. Chaque phase devrait durer au moins 2 semaines. Il vous sera suggéré d’attendre d’avoir une bonne amélioration avant de passer à l’étape suivante. Enfin, si la douleur revient, revenez simplement aux paramètres précédents.

1

Phase

  • Diminuez les paramètres d’activité physique;
  • Évitez le repos complet prolongé;
  • Évitez les pentes et les escaliers;
  • Évitez les positions assises avec le genou plié à plus de 90°;
  • Évitez les sandales et les talons hauts;
  • Évitez les exercices de renforcement du quadriceps au gym.
  • Trouvez une activité physique qui n’exacerbe pas les symptômes que l’on peut faire régulièrement pour encourager le processus de guérison du genou (marche, elliptique, vélo, natation…);
  • Portez des chaussures avec un bon support ou ajoutez une orthèse préfabriquée (Collins 2009);
  • Échauffez-vous bien avant une activité physique;
  • Utilisez un support à genou ou un taping;
  • Renforcez les fessiers;
  • Faites des exercices d’équilibre (Akseki 2008, Baker 2002)

Voici une vidéo du taping du genou.

2

Phase

3

Phase

  • Poursuivez le renforcement progressivement et reprenez graduellement les activités sportives.

  • Lorsque la douleur est mineure et que le retour au sport est débuté, l’amélioration de la force explosive lors des sauts sera à considérer (Witvrouw 2000).
4

Phase

5

Phase

  • Exercices spécifiques aux activités intenses ( basketball, soccer, football…).
  • Reprise des sports intenses.

Voici une vidéo intéressante démontrant des exercices pour le syndrome fémoro-patellaire.

Pour les coureurs, 6 conseils devraient grandement vous aider (Esculiers 2017).

  1. Évitez de courir dans les pentes et les escaliers.
  2. Faites des intervalles. Par exemple, courez 1 minute, puis marchez 1 minute.
  3. Maintenez la douleur sous le seuil de 2/10 (10/10 étant la pire douleur et 0/10 étant aucune douleur).
  4. La douleur suivant l’entraînement devrait revenir au même niveau qu’elle était AVANT l’entraînement et cela, en moins d’une heure.
  5. Augmentez le nombre de sorties de course, mais diminuez la distance et la vitesse de course.
  6. Augmentez progressivement la distance de course et, si tout se passe bien, ajoutez des pentes ou augmentez la vitesse de course.

En suivant ces conseils de progression et en ayant de bons paramètres d’activités, vous devriez améliorer votre condition.

Dans les situations où la douleur persiste pendant de longues périodes, d’autres aspects sont à considérer. Des chercheurs britanniques (Maclachlan 2017) ont établi une corrélation entre une augmentation de douleur du syndrome fémoro-patellaire et les aspects suivants : anxiété, dépression, idées catastrophiques et peur.
Nous retenons de ces recherches que :

  • Nos états émotionnels et nos pensées peuvent affecter l’évolution de notre condition.
  • La peur de bouger est néfaste pour notre récupération. Une bonne récupération passe par de l’activité physique bien dosée.

Ces quelques conseils sont généralement très efficaces pour la prise en charge du syndrome fémoro-patellaires. Nous espérons que cet article vous sera utile.

Des questions et des doutes? N’hésitez à faire appel à votre médecin ou à un professionnel de la physiothérapie pour vous guider.

Références

AKSEKI, D.  et al. [Proprioception of the knee joint in patellofemoral pain syndrome]. Acta Orthop Traumatol Turc, v. 42, n. 5, p. 316-21, 2008 Nov-Dec 2008. ISSN 1017-995X.

BAKER, V.  et al. Abnormal knee joint position sense in individuals with patellofemoral pain syndrome. J Orthop Res, v. 20, n. 2, p. 208-14, Mar 2002. ISSN 0736-0266.

CROSSLEY, K.  et al. Physical therapy for patellofemoral pain: a randomized, double-blinded, placebo-controlled trial. Am J Sports Med, v. 30, n. 6, p. 857-65, 2002 Nov-Dec 2002. ISSN 0363-5465.

ESCULIER, J. F.  et al. Is combining gait retraining or an exercise programme with education better than education alone in treating runners with patellofemoral pain?A randomised clinical trial. Br J Sports Med, May 2017. ISSN 1473-0480.

HARVIE, D.; O’LEARY, T.; KUMAR, S. A systematic review of randomized controlled trials on exercise parameters in the treatment of patellofemoral pain: what works? J Multidiscip Healthc, v. 4, p. 383-92,  2011. ISSN 1178-2390.

KHAJURIA, A.; SHAH, A.; BOTCHU, R. Patellofemoral joint is an under reported joint in MRI knee – A retrospective, cross-sectional study. Ann Med Surg (Lond), v. 15, p. 19-21, Mar 2017. ISSN 2049-0801.

MACLACHLAN, L. R.  et al. The psychological features of patellofemoral pain: a systematic review. Br J Sports Med, v. 51, n. 9, p. 732-742, May 2017. ISSN 1473-0480.

NATRI, A.; KANNUS, P.; JÄRVINEN, M. Which factors predict the long-term outcome in chronic patellofemoral pain syndrome? A 7-yr prospective follow-up study. Med Sci Sports Exerc, v. 30, n. 11, p. 1572-7, Nov 1998. ISSN 0195-9131.

VAN LINSCHOTEN, R.  et al. Supervised exercise therapy versus usual care for patellofemoral pain syndrome: an open label randomised controlled trial. BMJ, v. 339, p. b4074, Oct 2009. ISSN 1756-1833.

WITVROUW, E.  et al. Intrinsic risk factors for the development of anterior knee pain in an athletic population. A two-year prospective study. Am J Sports Med, v. 28, n. 4, p. 480-9, 2000 Jul-Aug 2000a. ISSN 0363-5465.

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